mardi 25 octobre 2016

Le coût du démantèlement de la centrale nucléaire accidentée Fukushima Daiichi dépassera largement les 17 milliards d'euros

Le coût du démantèlement de la centrale nucléaire accidentée Fukushima Daiichi dépassera largement les 2.000 milliards de yens (17 milliards d'euros) précédemment estimés, a indiqué mardi un comité du ministère de l'Industrie.

Dans un programme "d'accélération de la reconstruction de la région de Fukushima" datant de 2013, le gouvernement avait évalué à 2.000 milliards de yens (le double du précédent montant), le coût de l'assainissement des six réacteurs de la centrale mise en péril par le tsunami du 11 mars 2011.

Mais cette somme (qui comprend le total consacré à la gestion de l'eau contaminée et au démantèlement) sera largement dépassée, selon les documents rendus publics mardi par l'instance mise en place pour étudier en détail le "problème de la compagnie Tepco" (Tokyo Electric Power) qui gère le site.

"X milliers de milliards de yens" seront requis, écrivent les experts.

Il faudra au moins trois décennies pour récupérer le combustible fondu dans trois unités et nettoyer les lieux du mieux possible.

S'ajouteront au coût du démantèlement au moins 10.000 milliards de yens (88 milliards d'euros) de dommages et intérêts versés aux particuliers et entreprises de la région affectés par cette catastrophe, prévient le comité.

Le désastre de Fukushima a chassé de chez elles des dizaines de milliers de personnes et stoppé net des activités industrielles, artisanales et commerciales.

Mi-2014 déjà, un universitaire japonais, Kenichi Oshima, professeur d'économie environnementale à l'Université Ritsumeikan, avait chiffré à "au minimum 11.082 milliards de yens" (96 milliards d'euros actuels) les sommes à débourser pour payer les dégâts de cette catastrophe survenue à la suite d'un gigantesque séisme dans le nord-est de l'archipel.

Selon M. Oshima, la particularité de ce type d'accident est que le coût pour la société augmente au fil du temps et qu'on ne parvient pas à le prévoir et à l'appréhender dans son intégralité. 

Le groupe Tepco est dans l'incapacité de payer seul les sommes astronomiques dont il s'agit, et l'Etat, qui est devenu son premier actionnaire, tente de trouver divers moyens pour ne pas susciter la colère des contribuables, notamment en demandant publiquement à la compagnie de faire des économies et en tançant de temps à autre ses dirigeants.

lundi 17 octobre 2016

Le nucléaire nippon est à l’arrêt ou presque

Le nucléaire nippon est à l’arrêt ou presque depuis la catastrophe de Fukushima, en 2011. Malgré cela, Tokyo Electric Power Company (TEPCO) a dépensé 606 milliards de yens (5,8 milliards de dollars) l’an dernier pour préserver en l’état les centrales nucléaires existantes, explique The Economist. Le Japon possède 54 réacteurs, et l’Autorité de régulation nucléaire (NRA) a reçu des demandes pour faire redémarrer 26 réacteurs. Mais seuls deux sont à nouveau en activité

jeudi 8 septembre 2016

Japon-Koizumi accuse Shinzo Abe de mensonge sur Fukushima

TOKYO, 7 septembre (Reuters) - La garantie donnée par le
Premier ministre Shinzo Abe que la situation à la centrale
nucléaire de Fukushima était "maîtrisée", lorsqu'il avait
olympiques 2020, "était un mensonge", a déclaré mercredi l
défendu avec succès la candidature de Tokyo pour les Jeux 'un de ses prédécesseurs, Junichiro Koizumi.
, est devenu un opposant déclaré à l'énergie nucléaire après
Koizumi, qui fut l'un des chefs de gouvernement les plus populaires lors de son mandat de 2001 à 200
6 la catastrophe de mars 2011 - un très violent séisme puis un tsunami dévastateur qui ont abouti à l'accident de la centrale de Fukushima Daiichi,
e, Shinzo Abe, alors au pouvoir depuis neuf mois, avait app
la pire catastrophe nucléaire depuis celle de Tchernobyl en 1986. Lors de son discours de septembre 2013 devant le Comité international olympiq
uorté des garanties sur la sûreté de la centrale de Fukushima, afin d'apaiser les inquiétudes et obtenir l'attribution des Jeux à Tokyo. Ses propos, à l'époque, avaient soulevé nombre de critiques.
osition à l'énergie nucléaire. "Elle n'est pas sous contrô
"Les propos de M. Abe sur la 'situation maîtrisée' étaient un mensonge", a estimé Junichiro Koizumi, qui a aujourd'hui 74 ans, lors d'une conférence de presse durant laquelle il a réitéré son op
ple", a-t-il ajouté, invoquant à
epco 9501.T , l'opérateur de
l'appui les efforts contestés de
T
a centrale, pour ériger le plus grand "mur de glace" au monde,

lafin d'empêcher dans le sous-sol les eaux d'écoulement
aminées par la radioactivité. "Ils continuent d'assurer qu'
d'atteindre les réacteurs endommagés et d'être ainsi con
tils peuvent le faire (le mur de glace), mais ils ne le peuvent pas", a poursuivi l'ancien chef
libéral démocrate). Dès son élection en décembre 2012, S
du gouvernement, qui avait gouverné sous les couleurs du même parti que Shinzo Abe, le PLD (Part
ihinzo Abe a affiché l'intention de remettre en service les centrales nucléaires, dont la totalité du parc a été fermé après la catastrophe de
u nucléaire. Koizumi regrette d'avoir, sous son
Fukushima pour une révision des mesures de sécurité. Avant la catastrophe de mars 2011, le Japon tirait près d'un tiers de son électricité
dmandat, prêté une oreille favorable à ceux qui lui vantaient le nucléaire. Après la catastrophe de Fukushima, il dit avoir "étudié le processus, la réalité et l'histoire du développement du
nucléaire, et avoir eu honte d'avoir cru de tels mensonges". (Linda Sieg et Megumi Lim; Eric Faye pour le service français)

vendredi 12 août 2016

Japon redémarre un réacteur nucléaire arrêté depuis plus de cinq ans


Un réacteur nucléaire arrêté depuis plus de cinq ans doit redémarrer au Japon, vendredi 12 août. "L'unité 3 d'Ikata (...) devrait commencer à générer du courant à partir de lundi 15", a expliqué la compagnie Shikoku Electric Power. L'exploitation de ce courant sur le réseau commercial ne débutera cependant qu'en septembre après d'ultimes contrôles.

Après l'accident de Fukushima, en mars 2011, le parc de réacteurs a été ramené de 54 à 42 unités. Mais à l'heure actuelle, seuls les réacteurs Sendai 1 et 2 fonctionnent. Le pays compense par l'exploitation de centrales thermiques et une petite augmentation de la part de l'électricité issue des énergies renouvelables. Les particuliers et entreprises essaient en outre d'utiliser des éclairages et équipements moins énergivores.

Colère des écologistes

Le redémarrage du réacteur d'Ikata suscite la colère des écologistes, qui estiment que les leçons de la catastrophe de Fukushima n'ont pas été tirées. La justice leur a en partie donné raison en ordonnant l'arrêt de deux unités (Takahama 3 et 4), qui avaient été réactivées en début d'année. En marge de cette annonce, des résidents se sont réunis pour scander des slogans hostiles au redémarrage du réacteur nucléaire.


dimanche 5 juin 2016

Fuite de 750 litres de cobalt 60 au Japon


Vendredi 03 juin 2016  
- ATS

Un incident a eu lieu dans une centrale nucléaire située au nord-est de Tokyo.

UNE FUITE DE LIQUIDE RADIOACTIF A éTé DéCOUVERTE JEUDI à L'INTéRIEUR DES Bâtiments de la centrale nucléaire Tokai numéro 2, au nord-est de Tokyo, a annoncé l'opérateur du site. L'entreprise affirme que rien ne s'est échappé à l'extérieur.

La quantité de liquide, retrouvé dans le sous-sol du bâtiment de traitement des déchets radioactifs de la centrale, ainsi qu'à un niveau supérieur dans la pièce des équipements des valves d'une citerne, est évaluée à 750 litres, a précisé Japan Atomic Power Company (JAPC). Le liquide contient notamment du cobalt 60, un isotope radioactif.

La mesure de la radioactivité a montré un niveau de 1700 becquerels par centimètre carré, soit environ 40 fois la limite pour le liquide se trouvant en ce lieu. Cela a obligé la compagnie à restreindre l'accès au lieu et à communiquer sur l'incident. Aucun travailleur n'a été affecté, selon l'opérateur des installations.

Réacteur à l'arrêt

La centrale Tokai numéro 2, située dans la préfecture d'Ibaraki, à quelque 150 km au nord-est de Tokyo, est à l'arrêt depuis mai 2011, originellement pour une maintenance régulière d'une durée habituelle de trois mois.

Elle n'a toutefois pas pu redémarrer depuis lors, en raison de l'imposition de nouvelles normes plus sévères vis-à-vis des catastrophes naturelles et autres risques, après le désastre de Fukushima en mars 2011.

L'entrée en vigueur de ces standards durcis oblige à de nouveaux examens de sûreté par l'autorité de régulation du secteur. Sans le certificat de conformité technique délivré par cette instance, aucun réacteur ne peut repartir.

Actuellement, sur les 42 unités restantes dans l'archipel, seules deux fonctionnent, Sendai 1 et 2. Il y avait 54 réacteurs avant le drame de Fukushima. Mais les six du site accidenté de Fukushima Daiichi sont condamnés et le démantèlement de six autres a été décidé.

 
Le Courrier

vendredi 15 avril 2016

Deux réacteurs nucléaires – les deux seuls en service au Japon

Plusieurs tremblements de terre de magnitude allant jusqu’à 6,5 ont fait au moins neuf morts et de nombreux dégâts dans la nuit de jeudi à vendredi 15 avril dans le sud-ouest du Japon. Une localité où se trouvent plusieurs réacteurs nucléaires, indemnes selon les opérateurs.

Une centaine d’autres personnes ont été blessées dans la préfecture de Kumamoto et ailleurs sur l’île de Kyushu, selon la chaîne NHK et l’agence de presse Jiji. « Nous avons aussi des informations selon lesquelles des personnes sont sous des décombres », a ajouté un fonctionnaire de la préfecture de Kumamoto. Le porte-parole du gouvernement, Yoshihide Suga, a annoncé que 350 militaires étaient envoyés sur les lieux pour participer aux secours.

Deux réacteurs nucléaires – les deux seuls en service au Japon – se trouvent dans les territoires affectés, mais la compagnie d’électricité de la région, Kyushu Electric Power, a assuré qu’aucune anomalie n’avait été relevée. « Nous vérifions si le tremblement de terre a eu un impact sur notre centrale, mais elle fonctionne pour le moment normalement », a dit un responsable de la centrale.

DE NOMBREUSES SECOUSSES

Le premier séisme est survenu à 21 h 26 (14 h 26, heure de Paris). Il a été suivi d’un très grand nombre de secousses secondaires, dont une de magnitude 5,7 à 22 h 7. Une autre de 6,4 est survenue peu après minuit (17 heures, heure de Paris) puis encore de magnitude 4,8 à 1 h 53 (18 h 53, heure de Paris), a précisé l’agence de météorologie japonaise. L’épicentre de toutes ces secousses était situé dans la préfecture de Kumamoto.


Des répliques devraient se produire pendant une semaine, a averti l’agence de météorologie, tandis que le porte-parole du gouvernement appelait les habitants de la région à « agir avec calme et à s’entraider ». Le système d’avertissement précoce par smartphones et médias a permis à plusieurs reprises de prévenir les habitants quelques secondes avant qu’ils ne soient secoués.

samedi 12 mars 2016

Les rejets radioactifs continuent

L’accident de mars 2011 à la centrale de Fukushima daï-ichi a entraîné de forts rejets radioactifs dans l’atmosphère et dans l’Océan pacifique. La quantité rejetée dépend de la méthode d’évaluation. Les rejets atmosphériques, qui ont duré plus d’une dizaine de jours, sont estimés à environ 10% de ceux de la catastrophe de Tchernobyl [Steinhauser2014]. Ils sont responsables de la contamination d’un vaste territoire pour des décennies et ont entraîné le déplacement d’environ 160 000 personnes [NAIIC2012, IOM2015]. Quant aux rejets dans l’océan, ce sont les plus forts jamais enregistrés. Mais la pollution radioactive a rapidement été diluée grâce aux courants marins Kuroshio et Oyashio. Des traces de césium radioactif en provenance du Japon ont été détectées dans l’eau de mer près de la côte de l’Amérique du Nord [WHOI2015]. En revanche, les sédiments marins ont accumulé une grande quantité de césium radioactif le long des côtes japonaises et la pêche est toujours interdite pour de nombreuses espèces marines.

Les rejets continuent à moindre échelle et la Tokyo Electric Power Company (TEPCo) a tenté de cacher cette information. Il lui a fallu des mois pour reconnaître certaines négligences qui ont provoqué des scandales.

Par ailleurs, TEPCo a accumulé une grande quantité d’eau contaminée dans des cuves sur le site de la centrale. Elle contient essentiellement du tritium qui n’est pas filtré par le système de traitement. Une des solutions envisagées est de rejeter cette eau dans l’océan bien que cela ne soit pas possible pour le moment.

Cinq années après le déclenchement de la catastrophe de Fukushima, TEPCo en est encore à tenter de colmater les fuites et limiter les relâchements. Alors que les habitants des environs ont été évacués durant les premiers mois de l’accident, quand les rejets étaient à leur maximum, TEPCo doit encore stabiliser les réacteurs et de nombreuses personnes craignent que de forts rejets reprennent en cas de nouvelle catastrophe naturelle. Est-ce raisonnable de rentrer une fois l’ordre d’évacuation levé ?Des pratiques peu précautionneuses ont conduit à des rejets radioactifs dans l’atmosphère qui sont venus s’ajouter aux retombées de l’accident. L’eau contaminée à la centrale est devenue le cauchemar de TEPCo. Les efforts pour réduire les fuites en mer ont conduit à l’accumulation d’énormes quantités d’eau contaminée dans des cuves sans solution en vue. Il a fallu des mois à TEPCo et aux autorités pour reconnaître les problèmes qui ont d’abord été révélés par des chercheurs faisant des mesures aux alentours de la centrale de FDI. 

TEPCo doit encore stabiliser les réacteurs accidentés et sa priorité est toujours de réduire la menace qu’ils constituent. Le démantèlement à proprement dit n’a pas encore commencé.

Alors que les communautés autour de la centrale ont été évacuées à cause de la pollution à long terme de l’environnement, beaucoup craignent que des rejets importants puissent reprendre en cas de nouvelle catastrophe naturelle. Les réacteurs accidentés sont plus fragiles que des réacteurs ordinaires et leur enceinte de confinement est percée. Ils pourraient ne pas pouvoir faire face à un nouveau séisme ou un tsunami, entraînant ainsi un nouveau rejet massif de radioéléments. 

jeudi 25 février 2016

Tepco, a avoué mercredi avoir minimisé la gravité de la situation

Cinq ans après la catastrophe nucléaire de Fukushima, l'opérateur de la centrale, Tepco, a avoué mercredi avoir minimisé la gravité de la situation.

Il n'a notamment pas reconnu aussi rapidement que possible le fait que trois réacteurs étaient en fusion.

«Nous nous excusons profondément pour avoir affirmé par erreur que rien ne permettait de déterminer qu'une fusion du coeur de réacteur était en cours», a déclaré Tokyo Electric Power (Tepco). Il a fallu en effet attendre deux mois, jusqu'en mai 2011, pour que l'exploitant emploie le mot fusion.

Expression effrayante

Tepco a évité durant des semaines d'employer l'expression effrayante «fusion du coeur» de réacteur. Pourtant, la compagnie disposait des informations qui permettaient de déterminer qu'un tel processus était en cours dans les tout premiers jours suivant le 11 mars, quand la centrale a été dévastée par le tsunami provoqué par un violent séisme de magnitude 9.

Les installations ont été un temps submergées, l'électricité coupée, les systèmes de refroidissement du combustible nucléaire totalement arrêtés et la situation est devenue vite impossible à maîtriser. Les coeurs de trois des six réacteurs de Fukushima Daiichi ont fondu.

Informations mises en doute

Dans ses manuels d'exploitation, il était écrit «si l'endommagement d'un coeur de réacteur dépasse 5%, on peut en déduire que la fusion du coeur est en cours», mais ces critères n'ont pas été appliqués sur le moment, alors même que la dégradation du combustible avait été évaluée et dépassait ce niveau dans plusieurs unités, a admis Tepco.

«Nous avons aussi analysé les autres informations transmises immédiatement après l'accident et il s'avère que nous aurions pu communiquer plus tôt sur divers points», a aussi écrit Tepco lors d'un rare mea culpa.

Nombre d'experts s'étaient, dès le départ, inquiétés de la nature des informations données par Tepco et les autorités, soupçonnés de volontairement faire de la rétention de données afin de ne pas entraîner un mouvement de panique.

Il a fallu plus de trois mois avant de reprendre le contrôle du site et six de plus avant de décréter la situation stabilisée. Depuis, des milliers de travailleurs s'escriment chaque jour dans cette centrale pour en préparer le démantèlement prévu pour durer une quarantaine d'années.

vendredi 4 décembre 2015

166,000 tons

Fukushima Prefecture signaled Dec. 2 it will host the final disposal site for highly radioactive waste produced by the 2011 nuclear disaster, with Governor Masao Uchibori expected to relay his decision to the Environment Ministry this week.

The central government’s plan calls for the Fukushima Ecotech Clean Center, a privately run disposal facility in Tomioka near the crippled Fukushima No. 1 nuclear power plant, to be nationalized. The center will then accept about 650,000 cubic meters of garbage, including “designated waste.”

Designated waste refers to contaminated refuse such as rice straw, sewage sludge and incinerated ash of household garbage that contain more than 8,000 becquerels per kilogram of radioactivity.

With 138,000 tons of such garbage, Fukushima Prefecture accounts for more than 80 percent of the estimated national total of 166,000 tons.

lundi 30 novembre 2015

Russia offers to help Japan shut down Fukushima reactors

Russia’s state nuclear energy company Rosatom is ready to help Japan shut down the reactors at the Fukushima nuclear power plant. A huge earthquake and a resulting tsunami hit the plant in March 2011, causing three nuclear meltdowns and a massive radiation leak. 

Japan has been struggling in its cleanup effort in the aftermath of the nuclear accident. As of March 2015, about 600,000 tons of contaminated water was contained within tanks at the site, with the cleanup estimated to take up to 40 years.

samedi 5 septembre 2015

levé d'un ordre d’évacuation touchant la municipalité de Naraha

Le gouvernement japonais a levé un ordre d’évacuation touchant la municipalité de Naraha, près de la centrale nucléaire endommagée Fukushima Dai-ichi.

Cette mesure a pris effet vendredi à minuit. Pratiquement toute la zone est située à 20 kilomètres de la centrale dans la préfecture de Fukushima et ses habitants ont été soumis à l’ordre d’évacuation en mars 2011.

Le gouvernement explique que les opérations de décontamination sont terminées dans la zone en question. Des responsables précisent que l’environnement dans la municipalité est presque prêt pour le retour des résidents.

C’est la troisième fois qu’un ordre d’évacuation est levé depuis l’accident nucléaire.

Cette décision permettra aux quelque 7300 habitants de rentrer chez eux et de reprendre leur travail et leurs activités commerciales.

Un ordre d’évacuation est toujours en place pour quelque 70 000 habitants de neuf municipalités entourant la centrale Dai-ichi.

Le gouvernement envisage de lever l’ordre d’évacuation pour les municipalités restantes une fois que les travaux de décontamination seront terminés et que les services pour soutenir la population seront en place.

mercredi 26 août 2015

Rejet de l’eau décontaminée de Fukushima

Des pêcheurs de Fukushima, au nord du Japon, autorisent le rejet de l’eau décontaminée de la centrale nucléaire endommagée Fukushima Dai-ichi dans la mer.

300 tonnes d’eau contaminée sont produites quotidiennement à la centrale, alors que l’eau souterraine afflue vers les bâtiments du réacteur endommagé.

La Compagnie d’électricité de Tokyo, Tepco, et le gouvernement envisagent de pomper l’eau souterraine contaminée provenant de puits près des bâtiments des réacteurs, de la décontaminer, et de la déverser dans l’océan. Ils ont demandé aux pêcheurs locaux d’accepter le projet.

Les coopératives de pêche de la préfecture de Fukushima ont accepté le projet mardi.

Les responsables de la fédération disent avoir reçu l’assurance que les substances radioactives dans l’eau qui sera déversée seront sous surveillance stricte, et que les pêcheurs seront dédommagés en cas de rumeurs nuisibles.

jeudi 30 juillet 2015

Retrait de débris réacteur n°3

Les techniciens de la centrale nucléaire Fukushima Dai-ichi, au Japon, entameront dimanche le retrait d’un échangeur de combustible dans le bâtiment du réacteur numéro 3. Cet appareil de 20 tonnes était tombé dans la piscine de combustible lors de la catastrophe survenue en 2011.

Il constituait depuis un obstacle pour les techniciens de la Compagnie d’électricité de Tokyo, notamment lorsqu’ils ont commencé à retirer des débris hautement radioactifs qui se trouvaient dans la piscine de stockage. 556 barres de combustible sont encore présentes dans la piscine de combustible usagé.

La forte radioactivité du site empêche les techniciens d’y opérer directement. Les travaux vont nécessiter deux grues activées à distance qui vont soulever et retirer l’appareil qui mesure environ 14 mètres de long.

L’opération relève du défi dans la mesure où l’échangeur pourrait endommager le combustible usagé s’il retombe dans la piscine durant le retrait.

En août 2014, un appareil de 400 kilos était en effet tombé dans la piscine. Si aucune barre de combustible n’avait alors souffert de la chute, le retrait avait dû être retardé de quatre mois.



samedi 18 juillet 2015

centrale nucléaire Shika, dans la préfecture d’Ishikawa

Une commission d’experts a rédigé un rapport concernant la présence d’une faille dans le sol d’un bâtiment abritant un réacteur nucléaire, dans le centre de l’Archipel. Elle pourrait justifier son démantèlement.

Le rapport a été présenté vendredi lors d’une réunion de l’Autorité de régulation du nucléaire.

La faille S-1 se trouve sous le réacteur numéro un de la centrale nucléaire Shika, dans la préfecture d’Ishikawa, dont l’opérateur est la Compagnie d’électricité du Hokuriku.

Selon le rapport, rien ne prouve que la faille soit active ou non. Il observe toutefois qu’une strate aurait pu se déplacer dans une partie orientée au nord-ouest, durant le Pléistocène, une période géologique vieille de 120 000 à 130 000 ans. Au Japon, les nouveaux critères de régulation interdisent la construction de bâtiments abritant des réacteurs ou autres installations nucléaires au-dessus de failles qui auraient été actives durant ou après cette période.

Le rapport stipule par ailleurs que la faille en question pourrait être à nouveau active.

Le texte rédigé doit être officialisé, en fonction de conclusions d’autres experts et de l’autorité de régulation.



mardi 16 juin 2015

Démantèlement de la centrale Fukushima Dai-ichi

Le gouvernement japonais et la Compagnie d’électricité de Tokyo ont révisé ce vendredi pour la première fois depuis deux ans leur feuille de route pour le démantèlement de la centrale nucléaire accidentée Fukushima Dai-ichi. Selon ce plan remis à jour, jusqu’à trois années supplémentaires seront nécessaires pour retirer les barres de combustible usagées des piscines de refroidissement, mais les objectifs initiaux sont maintenus à six ans pour commencer à nettoyer le combustible nucléaire qui a fondu et pour terminer le démantèlement en 30 ou 40 ans. Pour notre commentaire du jour, le commentateur vétéran de la NHK Noriyuki Mizuno nous donne des détails sur le démantèlement de la centrale Fukushima Dai-ichi. 

Noriyuki Mizuno : 
Le retrait du combustible fondu est la tâche la plus complexe lors du démantèlement de la centrale. A l’origine, les experts prévoyaient de remplir les enceintes de confinement du réacteur avec de l’eau avant de procéder au retrait du combustible. Mais ils estiment désormais nécessaire d’étudier d’autres approches qui ne font pas usage d’eau car le colmatage des fuites dans les enceintes pourrait se révéler très complexe. Je les félicite pour avoir admis les limites de leur approche originelle et leur volonté de trouver une nouvelle méthode. Mais il est bien trop optimiste de maintenir les objectifs du calendrier du processus de retrait du combustible et du démantèlement complet de la centrale. 

Commençons par nous concentrer sur le retrait du combustible qui a fondu. Il y a 36 ans, du combustible nucléaire a fondu dans la centrale de Three Mile Island, aux États-Unis. Ils ont localisé le combustible usagé trois ans après l’accident et sont parvenus à l’extraire en onze ans parce que tout le combustible était concentré à l’intérieur de l’enceinte pressurisée du réacteur. A l’inverse, le combustible qui a fondu à Fukushima Dai-ichi a probablement percé les enceintes pressurisées et atteint le fond de l’enceinte de confinement. Cela rend le retrait du combustible bien plus complexe qu’à Three Mile Island. 

La méthode consistant à remplir l’enceinte d’eau, qui a été utilisée à la centrale de Three Mile Island, est la plus sûre pour éviter que des radiations fortes s’échappent. Mais les responsables de Tepco ont été contraints d’envisager une nouvelle approche qui ne requiert pas d’eau car ils n’ont pas été capables de localiser toutes les parties endommagées des enceintes de confinement. La nouvelle méthode envisagée désormais pourrait augmenter les risques d’exposition des ouvriers aux radiations. Elle pourrait également occasionner une dispersion de poussière radioactive, éventuellement même en dehors de la centrale. 

Tepco maintient son objectif de terminer le démantèlement de la centrale d’ici 30 à 40 ans, mais il n’existe aucun fondement précis pour ce calendrier. Chaque mois, plusieurs milliers de tonnes de déchets radioactifs s’accumulent à l’intérieur de la centrale. 

Même si cela prend beaucoup de temps, Tepco et le gouvernement devraient accorder la priorité à la sécurité et établir un système qui leur permet de procéder sans interruption au démantèlement. 

Radio Japon : 
C’était le commentateur vétéran de la NHK Noriyuki Mizuno qui détaillait pour nous les enjeux du démantèlement de la centrale nucléaire endommagée Fukushima Dai-ichi.


vendredi 12 juin 2015

Fukushima opérations reportées de 2 à 3 ans

Le gouvernement japonais a validé vendredi le nouveau calendrier des travaux à la centrale nucléaire accidentée acceptant un report du retrait du combustible usé des piscines.


Tokyo Electric Power (Tepco), qui a déjà extrait tout le combustible resté dans le bassin de désactivation du réacteur numéro 4, espérait commencer cette année la même intervention pour la tranche numéro 3. Mais selon le nouvel échéancier présenté au gouvernement et approuvé vendredi, cette tâche est remise à 2017 ou au début 2018.


Un report similaire affecte l'extraction du combustible de la piscine 1, qui ne pourra vraisemblablement débuter qu'en 2020/21 au lieu de 2017/18. Pour la piscine du réacteur numéro 2, la date est maintenue à 2020.

Les piscines des réacteurs 1 et 3 - détruits par la catastrophe de mars 2011 - contiennent chacune plus de 500 assemblages de combustible nucléaire usé. Mais avant de les récupérer, il faut évacuer tous les détritus qui se sont accumulés et installer des équipements spéciaux.

Niveaux exceptionnels de radioactivité

La tâche est d'autant moins aisée que règnent à proximité de ces réacteurs des niveaux exceptionnels de radioactivité, ce qui oblige à employer des équipements télécommandés.

Par ailleurs, Tepco espère commencer à récupérer en 2021 le combustible fondu du coeur d'un premier réacteur, soit dix ans après l'accident provoqué par le tsunami du 11 mars 2011 à Fukushima (nord-est du Japon).

Les moyens à mettre en oeuvre devraient être déterminés courant 2018, a précisé Tepco qui évalue toujours à 30-40 ans la durée nécessaire pour achever le démantèlement du site de Fukushima Daiichi.

Au total, sur les six tranches de la centrale, les coeurs de trois réacteurs (1 à 3) ont fondu et on ne sait pas exactement jusqu'où a coulé la matière nucléaire, ni comment la récupérer.

(afp)

lundi 1 juin 2015

Séisme de 7,8 au large du Japon, ressenti à Tokyo

Les bâtiments ont tremblé pendant une minute dans la capitale japonaise; pas d'alerte au tsunami

Une forte secousse a été ressentie samedi à Tokyo en raison d'un séisme de magnitude 7,8 à 874 kilomètres de la capitale japonaise, dans l'océan Pacifique, a rapporté l'Institut américain de géophysique (USGS).

Les bâtiments ont tremblé pendant environ une minute vers 20H30 (11H30 GMT), a constaté un journaliste de l'AFP. Le centre d'alerte aux tsunamis du Pacifique a estimé que le séisme était de magnitude 8,5 et à 696 kilomètres de profondeur.

La chaîne de télévision publique NHK indique qu'il n'y a pas de dégâtset qu'il n'y a pas de risque de tsunami.

Le séisme s'est produit à une profondeur de 590 km au large des îles d'Ogasawara au sud de Tokyo.

La compagnie Tokyo Electric Power a indiqué qu'aucun dysfonctionnement n'avait été signalé sur le site de Fukushima en partie détruit par un tremblement de terre et un tsunami en mars 2011.

L'aéroport de Narita fonctionnait normalement mais la liaison ferroviaire à grande vitesse entre Tokyo et Osaka a été interrompue en raison d'une coupure de courant, précise NHK.

Un fort séisme avait secoué lundi après-midi la région de Tokyo, sans faire de dégâts ni de victimes, selon les autorités locales. Il avait atteint une magnitude de 5,6 selon l'agence de météorologie japonaise, et de 5,3 selon l'Institut américain de géophysique (USGS).

Le 11 mars 2011, un très violent séisme suivi d'un tsunami avait dévasté la région littorale du Tohoku (nord du Japon), faisant plus de 18 000 morts et provoquant la catastrophe nucléaire de Fukushima. Tous les réacteurs du Japon sont actuellement stoppés pour des mises en conformité aux nouvelles normes rendues plus sévères, avant une éventuelle remise en exploitation. Le Japon est situé à la jonction de quatre plaques tectoniques et enregistre chaque année environ 20 % des séismes les plus violents recensés sur la planète.

(AFP

vendredi 29 mai 2015

Le traitement des eaux contaminées du réacteur n°1

Mercredi, il a été annoncé par Tepco (Tôkyô Electric Power Co.) que le traitement des eaux contaminées du premier réacteur était terminé. 
Cela fait quatre ans depuis la catastrophe du 11 mars 2011 et le traitement de l’eau radioactive a été retardé en raison de problèmes avec les principales installations du traitement des eaux.
Tepco a donc annoncé le 27 mai dernier que 620 000 tonnes d’eau hautement radioactive ont été traités. De ce fait, le risque de fuites, et donc de pollution des sols environnants, à partir des réservoirs d’eau est maintenant extrêmement faible.
Selon Tepco, environ 440 000 tonnes d’eau ont été traitées à travers un système que l’on dit être capable d’éliminer 62 types différents de matières radioactives, à l’exception du tritium. Les 180 000 restantes ont été traitées par une autre installation capable d’éliminer le strontium.
On peut trouver différents types de matières radioactives dans les échantillons, comme l’iode, le tritium, le carbone, le deutérium, le protium et d’autres isotopes. C’est pourquoi les traitements des eaux et des autres déchets radioactifs sont longs et difficiles.
Cependant, malgré la fin annoncée du traitement, environ 300 tonnes d’eau contaminée sont toujours produites tous les jours dans un mélange des eaux souterraines et de celle déjà contaminée dans l’usine. Tepco prévoit « un mur de sol gelé » pour détourner les eaux souterraines directement dans l’océan avant qu’elles ne se mélange dans les bâtiments.

Sources: The Japan TimesThe Asahi Shimbun

mardi 19 mai 2015

Revendre une partie des gigantesques stocks d’uranium

L’électricien japonais Tepco, qui gère notamment le démantèlement de la centrale de Fukushima Daiichi, se préparerait à revendre une partie des gigantesques stocks d’uranium qu’il avait accumulés avant la catastrophe de 2011

Cherchant à redresser ses finances et à réorganiser son modèle économique, l’électricien japonais Tepco, qui gère notamment le démantèlement de la centrale de Fukushima Daiichi, se préparerait à revendre une partie des gigantesques stocks d’uranium qu’il avait accumulés avant la catastrophe de 2011. L’agence de presse Kyodo, qui a eu accès à un document interne du groupe, révèle que Tepco pourrait récupérer plus de 100 millions de dollars de la vente de plusieurs tonnes d’uranium acquises dans les années 2000.

L’électricien disposerait actuellement d’une réserve de 17,570 tonnes d’uranium (tU), ce qui lui permettrait en théorie de faire fonctionner pendant dix ans sa gigantesque centrale de Kashiwazaki-Kariwa, mais il ne peut charger aucune de ses tranches puisque toutes les centrales nucléaires du pays sont à l’arrêt. Si le groupe, comme les autres électriciens, parie sur une relance progressive du nucléaire au Japon dans les prochains mois, il estime qu’il n’aura plus besoin de sécuriser les volumes d’uranium qu’il gérait avant la catastrophe de Fukushima. Selon Kyodo, le groupe risque aussi de remettre en cause les contrats d’approvisionnement en uranium négociés, dans le passé, avec les grands fournisseurs de la planète.

Namie cultiver du riz destiné à la commercialisation

Dans la ville de Namie, non loin de la centrale nucléaire de Fukushima, actuellement à l’arrêt, un projet a débuté lundi en vue de cultiver du riz destiné à la commercialisation.

A Namie, l’ordre d’évacuation adopté après l’accident nucléaire de mars 2011 est encore en vigueur.

Des plants de riz ont été mis en terre dans des rizières du district de Sakata, qui se trouve dans la zone d’évacuation. Une vingtaine de personnes, dont des exploitants locaux et le maire de Namie, Tamotsu Baba, ont participé à l’opération.

Les responsables municipaux annoncent qu’1,3 hectare de rizières seront plantées cette année. Si la radioactivité des récoltes demeure en dessous des niveaux autorisés, la ville, en collaboration avec une coopérative agricole, envisage de le commercialiser.

Les autorités municipales veulent obtenir du gouvernement la levée de l’ordre d’évacuation d’ici mars 2017.

Elles espèrent avec cette initiative que les agriculteurs locaux pourront d’ici cette date reprendre leurs récoltes, et que cela incitera les habitants à rentrer chez eux.

démontage du couvercle du bâtiment du réacteur numéro un

La Compagnie d’électricité de Tokyo, Tepco, a commencé ce vendredi à travailler au démontage du couvercle du bâtiment du réacteur numéro un. Il s’agit de la première étape à accomplir pour pouvoir retirer le combustible usé qui se trouve à l’intérieur de ce bâtiment et donc à terme démanteler le réacteur. Le retrait du couvercle a pris dix mois de retard sur le calendrier prévu. Pour notre commentaire du jour, Noriyuki Mizuno, commentateur vétéran de la NHK, nous explique les mesures de sécurité qui vont devoir être prises pour procéder au démontage de ce couvercle. Il commence par nous révéler pourquoi les travaux ont pris du retard. 

Noriyuki Mizuno :
Les agriculteurs de Fukushima étaient de plus en plus inquiets que l’opération de démontage du couvercle risquait de contaminer leurs récoltes. Tepco a donc d’abord dû les rassurer avant de pouvoir se lancer dans cette tâche. Le couvercle avait été installé après l’accident nucléaire de 2011 pour éviter la dissémination des poussières radioactives. Mais pour procéder au retrait du combustible usé qui se trouve dans le bâtiment, Tepco doit tout d’abord procéder au démontage du couvercle et nettoyer ensuite les débris qui jonchent le site. 

Lorsque l’opérateur a procédé au retrait des débris qui se trouvaient dans un autre bâtiment contenant un réacteur, des substances radioactives se sont échappées hors de l’installation. Du césium radioactif en quantité supérieure aux limites imposées par le gouvernement a été détecté dans du riz cultivé dans des rizières de la préfecture de Fukushima situées sous le vent de la centrale. Mais Tepco n’avait à l’époque pas suffisamment donné d’explications aux agriculteurs. Ils se sont donc inquiétés que le même phénomène se reproduise. 

Tout le riz cultivé à Fukushima est contrôlé pour y déceler des substances radioactives. Les livraisons ne sont acceptées que pour le riz dont le niveau de radioactivité est inférieur à la norme. Mais à chaque fois qu’un problème survient, les agriculteurs sont victimes de rumeurs sans fondement concernant leurs produits. Tepco soutient qu’il n’est pas prouvé que la contamination du riz a été provoquée par les travaux de démantèlement. Mais l’opérateur a néanmoins révisé ses mesures de prévention de la dispersion radioactive et son système de contrôle, reconnaissant qu’il ne faisait aucun doute que le césium découvert dans le riz provenait bien de la centrale accidentée. Les travaux de démontage du couvercle ont finalement commencé vendredi dernier au réacteur numéro un, une fois que Tepco a pu mettre un terme à cette révision. 

Radio Japon : 
Comment va-t-on procéder pour démonter le couvercle ?

Noriyuki Mizuno : 
Il y a un certain nombre de tâches à accomplir avant que les ouvriers puissent commencer à démonter le couvercle. Tout d’abord, des produits chimiques spéciaux vont être répandus par un petit trou creusé dans un panneau du toit, ceci afin de solidifier la poussière. Ensuite, les ouvriers vont retirer le panneau, pour vérifier que le vent ne disperse pas de substances radioactives. Une fois qu’ils seront certains que ces substances ne se disséminent pas, ils vont répéter le processus panneau par panneau. Tepco se montre extrêmement prudent. Il va installer des appareils à l’intérieur du bâtiment du réacteur pour bien répartir les produits chimiques. Cela va prendre jusqu’à deux ans pour démonter la totalité du couvercle. Selon l’opérateur, ces efforts devraient significativement réduire les risques de dissémination des substances radioactives hors du bâtiment. De plus, Tepco a annoncé qu’il allait publier sur son site web le calendrier de travail. Il va également installer des équipements de mesure chargés d’émettre un avertissement sonore en cas de niveaux de radiation à risque, et le seuil qui déclenchera cette alerte va être abaissé. La firme a promis qu’en cas d’alerte, elle informera sans délai les autorités locales. Mais lorsque de l’eau de pluie contaminée s’est écoulée dans la mer en février de cette année, Tepco n’a pas respecté la consigne de publier des informations sur les niveaux de radiation atteints. Cela a provoqué une nouvelle crise de confiance de la part de l’opinion publique. Je pense que cette fois-ci, Tepco devrait informer les autorités locales immédiatement à chaque fois qu’il détectera quelque chose d’anormal, même si la situation n’est pas suffisamment grave pour donner l’alerte. 
Les dirigeants de Tepco devraient contrôler le processus de démontage en se mettant à la place des cultivateurs et des résidents locaux, et publier les informations en conséquence. 

RJ : 
C’était Noriyuki Mizuno, commentateur vétéran de la NHK, qui nous a expliqué comment allait être démonté le couvercle du bâtiment abritant le réacteur numéro un à la centrale nucléaire accidentée Fukushima Dai-ichi.


mardi 12 mai 2015

Retour à Fukushima

Sur le chantier pharaonique du démantèlement, 
les hommes de Tokyo Electric commencent 
enfin à envisager l’avenir

Une région très animée 

On a rarement vu une « région-fantôme » plus encombrée que les alentours de la centrale Dai-Ichi de Fukushima. Le no man’s land subitement apparu au lendemain de la catastrophe nucléaire le 11 mars 2011 est l’endroit le plus frénétique du Japon. Certes, la centrale est toujours ceinte d’une zone interdite de trente kilomètres de diamètre dans laquelle on peut « se déplacer, mais pas rester dormir », comme le précise Tatsuhiro Yamagishi, porte-parole de Tokyo Electric, l’opérateur de la centrale. Mais dès la lisière de ce périmètre maudit, tous les hôtels de la région affichent complet. Des milliers d’ouvriers, d’ingénieurs et de cadres d’entreprises du génie civil nippon font la navette entre leur chambre et le chantier pharaonique du démantèlement. Le nettoyage et la reconstruction des alentours a déjà vidé le pays de sa main d’œuvre (le Japon compte aujourd’hui 4 offres pour 1 demande d’emploi dans le secteur du bâtiment). Une tâche de Sisyphe, absurde, puisque la région se vidait de ses habitants avant la catastrophe. Et que la centrale ne produira plus jamais d’électricité. « Il y a des routes que nous avons décontaminées, qui ont été recontaminées par les pluies, et que nous devons redécontaminer...», égrène Tatsuhiro Yamagishi avec une certaine lassitude.
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Un champ de bataille

Le site de la centrale est aussi déroutant qu’un gigantesque champ de bataille, parcouru par des centaines d’hommes masqués, en combinaison intégrale. Ils étaient 4000 travailleurs il y a six mois. Ils sont aujourd’hui près de 7000. Il règne pourtant une fragile sérénité sur le site. « Nous sommes enfin sortis de l’urgence. Je ne peux pas dire que je suis devenu optimiste. En revanche, pour la première fois depuis trois ans, nous pouvons envisager l’avenir », assure Akira Ono (photo), le responsable de la centrale. Un homme discret, à l’uniforme de la même couleur de muraille que ses employés. La raison de son calme : les Japonais ont peut-être enfin trouvé une solution pérenne de décontamination de l’eau de refroidissement des réacteurs endommagés. Chaque jour, ces derniers reçoivent en effet 400 tonnes d’eau, qui deviennent radioactives au passage et dont une partie fuit dans le sol et la mer. L’essentiel de cette eau est stockée dans des réservoirs. « Un réservoir peut stocker 1000 tonnes d’eau, ce qui veut dire que nous devons installer un réservoir tous les deux jours et demi », explique Shunichi Kawamura, en charge de la gestion des risques. Le site aligne aujourd’hui près de 1000 réservoirs, pour 500.000 tonnes d’eau contaminée. Mais après des mois de tâtonnements, Tepco semble avoir mis au point une structure intègre de traitement de cette eau. Cette dernière, baptisée ALPS 3, est en phase de test. ALPS 3 retirera 62 des 63 nucléides nocives que contient l’eau contaminée. Dans le même temps, Tepco met en place un « mur de glace » souterrain qui doit « geler » les fuites d’eau contaminée des réacteurs.

40 ans de travaux


La résolution de ce problème permettra de se concentrer sur le gros œuvre. Les ouvriers ont déjà retiré les 1331 barres de combustible nucléaire endommagées du réacteur 4 qui menaçaient d’une nouvelle contamination. Mais ça n’est qu’un début : le démantèlement des six réacteurs du site, notamment trois dont le cœur a fondu après la catastrophe du 11 mars, prendra quarante ans. Au moins. Les robots qui iront nettoyer les réacteurs 1,2 et 3 (à partir de 2025) au mépris de la radioactivité restent à inventer. « Nous ne savons pas où se trouve le combustible endommagé dans ces réacteurs », avoue Akira Ono. Le démantèlement de Fukushima devrait coûter 10.000 milliards de yens (69 milliards d’euros). L’accident a gelé, peut-être à jamais, les mises en chantier de nouvelles centrales. Il a réorienté la politique énergétique du pays vers davantage de renouvelable. « Fukushima a sans doute accéléré le mouvement de concentration entre les opérateurs d’électricité régionaux. Avoir tant d’opérateurs au Japon n’a plus aucun sens économique », estime un industriel du secteur.

dimanche 19 avril 2015

UNE DOSE MORTELLE EN UNE Heure


 UNE DOSE MORTELLE EN UNE HEURE

Un robot en forme de serpent a été introduit vendredi 10 avril dans le réacteur présentant le plus fort taux de radioactivité, le réacteur n° 1. Il a pu transmettre des images et des données à Tepco, avant de cesser toute activité. L’équipe a eu la confirmation que la radioactivité s’élève à cet endroit de 6 à 9,7 sievert par heure, une dose qui provoquerait la mort d’un humain en moins d’une heure.

La contamination de l’eau est une question suivie avec attention par les scientifiques, car elle menace une zone gigantesque. Ainsi, en février 2015, du césium en provenance de Fukushima a été détecté sur les côtes canadiennes.

UNE MISSION DE LONG TERME

L’AIEA publiera un rapport sur la situation dans la centrale. Un parmi ceux qui vont s’imposer durant une très longue période. En effet, le démantèlement des quatre réacteurs les plus endommagés de la centrale Fukushima Daiichi prendra trois à quatre décennies.

 À lire : Nucléaire : le Japon se lance dans une série de démantèlements précipités par Fukushima 

Pour autant, le Japon n’envisage pas de sortie du nucléaire. Yukiya Amano, directeur général de l’Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), a également assuré que l’énergie nucléaire restait indispensable au pays. « Malgré l’accident de Fukushima Dai-ichi, elle continue à jouer un rôle important dans le mix énergétique mondial », a-t-il argué.

samedi 28 mars 2015

Tepco reporte un projet

La Compagnie d’électricité de Tokyo reporte un projet, visant à empêcher les eaux souterraines de pénétrer dans la centrale nucléaire Fukushima Dai-ichi. Tepco tente de réduire l’accumulation d’eau contaminée sur le site.

L’entreprise prévoyait de geler le sol autour des bâtiments du réacteur endommagé afin de créer un mur de glace souterrain d’un kilomètre et demi de longueur. 

Le travail devait commencer ce mois-ci, mais il avait été repoussé d’un mois suite à la mort accidentelle de travailleurs en janvier.

Il était prévu de commencer à geler le sol dans un secteur, entre la centrale et une colline.

Mais Tepco précise ne pas encore avoir demandé au régulateur du nucléaire la permission de geler un autre secteur, entre la centrale et la mer. Il n’est pas clair quand le mur gelé pourra être terminé. 

L’accumulation d’eau radioactive constitue un autre problème auquel la compagnie est confrontée. Tepco souhaite traiter 600 000 tonnes d’eau contaminée d’ici la fin du mois de mai. Mais elle indique que 20 000 tonnes, dont une bonne partie d’eau de mer, ne pourront pas être traitées avant cette date.