vendredi 13 mai 2011

Tepco contraint de revoir son projet de stabilisation du réacteur numéro 1



La Compagnie d'électricité de Tokyo est contrainte de revoir sa stratégie de stabilisation de la situation à la centrale nucléaire Fukushima Dai-ichi après l'annonce que le coeur de l'un de ses réacteurs est entré en fusion.

Tepco a révélé hier jeudi que la plupart des crayons de combustible à l'intérieur du réacteur numéro un ont probablement fondu et sont tombés au fond du réacteur. 

L'opérateur a reconnu que l'eau de refroidissement du réacteur était tombée à un niveau exposant complètement les crayons de combustible si ces derniers se trouvaient dans leur position normale. 

Tepco suppute que le combustible au fond du réacteur a refroidi, si l'on prend en compte la température de surface du réacteur. 

Vendredi, les employés de la centrale ont transporté de l'équipement permettant de relier un circuit de refroidissement au réacteur, comme le prévoit le plan mis en place le mois dernier par Tepco, qui souhaitait remplir l'enceinte de confinement du réacteur numéro 1 avec de l'eau puis mettre en place un système de refroidissement pour faire circuler cette eau vers un échangeur de chaleur. 

Mais ce système ne peut fonctionner que si l'eau dans l'enceinte de confinement est d'une profondeur d'au moins cinq mètres. 

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Tepco reconnaît ne pas connaître le niveau d'eau actuel à l'intérieur de l'enceinte, mais espère trouver rapidement un moyen pour l'évaluer.


Analyse de la situation des réacteurs de Fukushima Dai-ichi
Comme Tepco l'a annoncé, le réacteur numéro 1 de la centrale Fukushima Dai-ichi est dans un état de "fusion". Pour notre commentaire d'aujourd'hui, nous avons interviewé Tetsuo Ito, directeur de l'Institut de recherche sur l'énergie atomique de l'université du Kinki. Il revient sur l'état du combustible nucléaire à la centrale.

Tetsuo Ito
"Je n'aurais jamais imaginé que le réacteur puisse être dans une telle situation. Je ne suis pas certain de l'état du combustible nucléaire. Il peut s'être refroidi et s'être reformé en une espèce de lave solide après avoir fondu et être tombé au fond de la cuve. La chaleur des billes de carburant a pu provoquer l'émiettement du revêtement qui les entoure. Elles sont peut-être tombées et se sont éparpillées sur le fond comme des petits cailloux. 
Si le combustible nucléaire forme maintenant une lave solide, les températures doivent être très élevées à l'intérieur de la cuve, et ce même si la température à la surface reste basse. Dans ce cas, il sera très difficile de refroidir le réacteur.
La température de l'eau proche du carburant serait d'environ 100 degrés Celsius. Si les billes de carburant sont éparpillées au fond de la cuve, les techniciens pourront essayer de maintenir la température à ses niveaux actuels pendant un certain temps. Elle pourrait au final redescendre sous les 100 degrés, et se stabiliser."

RJ
Mardi, Tepco doit annoncer une révision de l'agenda actuel fixé pour reprendre le contrôle de la centrale. Quels sont les points importants du nouveau calendrier?

Tetsuo Ito
"Le premier agenda a été rédigé alors que la compagnie ne connaissait pas l'état exact des réacteurs. Elle n'était pas certaine de l'étendue des dommages subis par les réacteurs et ne savait pas si les instruments de mesure fonctionnaient correctement. 
L'état réel du réacteur numéro 1 est maintenant mieux connu. Des robots, puis des humains sont entrés dans le bâtiment qui l'abrite et ont pu avoir accès à un appareil mesurant les niveaux d'eau. L'entreprise a alors réalisé que les données en sa possession étaient fausses.
Maintenant, la compagnie peut se faire une idée plus précise de la situation. Les techniciens ne peuvent encore entrer dans les bâtiments des réacteurs 2 et 3, car l'eau qui se trouve dans les salles des turbines est très radioactive. Je pense qu'il faudra beaucoup de temps pour reprendre le contrôle de la situation et permettre à des hommes de rentrer dans ces bâtiments. Le nouvel agenda devrait insister sur ce point : il faudra du temps."

C'était Tetsuo Ito, directeur de l'Institut de recherche sur l'énergie atomique, de l'université du Kinki.

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